MÉTISSAGE ET INÉGALITÉS AU BRÉSIL HOME

Ah le Brésil ! Ses plages, son carnaval, sa samba, son football, son métissage…On pourrait en ajouter encore sur la liste des clichés tant ils sont nombreux.

Mais arrêtons nous sur le dernier cité : Le métissage  . Si on vous demandait de dessiner des habitants du Brésil, vous utiliseriez sûrement une belle palette de couleurs, pour y représenter sa nation arc en ciel, noir , blanc, métis, un peuple splendide dans sa diversité.

Après la peinture, passons aux mathématiques.

Au brésil, 2 pauvres sur 3 sont noirs ou métis. Généralement les noir et métis n’ont pas accès à un enseignement de qualité, pas plus à des soins de santé de bon niveau et ne parlons pas de conditions de logement, de sécurité, de transports ou même de loisirs ! Et donc ben ils meurent plus jeunes.
50 organisations des droits de l’homme parlent de « génocide de la jeunesse brésilienne noire »…

 

Lire la suite sur métis de France. Article de Fabrice Flobinus

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Merci à Fabrice Flobinus des métis de France

Je tenais à remercier Fabrice Flobinus, président de l’association des métis de france, pour son initiative.

Enfin une association qui parle de nous, pas à titre individuel mais collectif !

De temps à autres les médias parlent du métissage, font des interviews de métis, mais en réalité tout cela n’a qu’un seul but : raconter une histoire originale…et cela ne fait pas avancer les choses.

Trouver une association qui fait de son thème principal le métissage je ne connaissais pas. J’ai eu l’occasion d’assister à une de leur réunion  à Paris. Le thème de la conférence m’intriguais,  je ne voulais pas tomber sur un truc du genre  »les métis anonymes’ » Bonjour je suis Aurélie » « bonjour Aurélie » j’avais hyper peur de ça.

Au bout du compte , j’ai été captivé et trés heureuse non seulement de pouvoir partager mon histoire, mon ressentit en tant que métisse, mais surtout j’ai pu écouter d’autres personnes qui comme moi se sont construit dans le doute identitaire, des personnes qui non seulement me comprenaient mais que je comprenais, enfin je n’étais plus seule…

En y repensant , j’ai traversé toute mon adolescence en me demandant ou étais ma place, ma communauté, je n’avais pas de doute sur qui j’étais mais ou serais -je acceptée. Dans l’une ou l’autre de mes communautés d’origine je n’étais pas « assez »…Si une telle association avait existé avant je n’aurai peut-être pas plus trouvé ma place dans l’une ou l’autre de ces communautés mais en tous les cas je m’y serai affirmer davantage en ayant pleinement conscience de mon identité métisse. Je suis métisse et basta ! En écoutant ces gens, j’ai eu enfin la sensation de ne plus être au milieu de nul part, ou enfin de ne plus y être seule.

Donc bravo à Fabrice Flobinus pour cette initiative, il fallait que quelqu’un le fasse.

Je remercie aussi Solène Monin pour sa disponibilité et sa gentillesse. Le genre de femme que l’on oublie pas.

Aux États-Unis, être noir n’est pas toujours une question de couleur de peau

Outre-Atlantique, être noir est une question d’identité socio-historique et culturelle: des personnes à la peau extrêmement claire se disent noirs ou afro-américains parce qu’un de leurs parents est noir ou métis.

Si la militante blanche antiraciste Rachel Dolezal a pu se faire passer pour noire pendant près de dix ans, c’est en partie parce qu’aux États-Unis, être noir ne se voit pas forcément. En effet, des personnes à la peau extrêmement claire se disent noirs ou afro-américains parce qu’un de leurs parents est noir ou métis. Être noir aux États-Unis est une question d’identité socio-historique et culturelle, pas uniquement la description d’une couleur de peau.

Depuis que les parents de Rachel Dolezal ont confirmé à une chaîne de télévision locale qu’ils sont bien tous les deux blancs, de nombreux Afro-Américains à la peau claire ont réagi sur Twitter en postant des photos d’eux avec leur parent noir, pour prouver que, malgré les apparences, ils étaient bien noirs. Ils utilisent le hashtag #blackreceipts, soit un récépissé confirmant qu’ils sont noirs, même s’ils ont l’air blanc.

One-drop rule»

D’un point de vue français, il est assez étrange d’entendre quelqu’un se dire noir alors qu’il a l’air blanc. En France, ces personnes se diraient probablement métisses, mais ce n’est pas le cas aux États-Unis.

La NAACP, l’organisation antiraciste pour laquelle travaillait Rachel Donezal à Spokane dans l’État du Washington, était depuis 2014 dirigée au niveau national parBenjamin Jealous, qui n’a pas l’air noir du tout. Mais sa mère est noire et, depuis qu’il est étudiant, il est militant antiraciste. On peut évidemment être militant antiraciste et blanc, mais quelqu’un comme Benjamin Jealous se définit comme noir, se sent comme faisant partie de la communauté afro-américaine.

Cette situation vient du fait qu’historiquement la société esclavagiste et ségrégationniste américaine avait imposé cette identité avec la règle d’une seule goutte de sang («one-drop rule»), selon laquelle toute personne ayant un ancêtre noir était considérée comme noire.

«Cette définition culturelle des noirs est aujourd’hui acceptée aussi bien par les juges et les personnes chargées de la discrimination positive que les militants noirs et les membres du Ku Klux Klan», expliquait le sociologue F. James Davis dans un livre intitulé Qui est noir?.

Cette définition est très différente de celles que l’on trouve dans d’autres pays. F. James Davis rappelle notamment qu’en 1956, pendant une conférence d’écrivains noirs à Paris, le chef de la délégation américaine, John Davis, avait la peau tellement claire qu’un organisateur français lui a demandé pourquoi il se considérait comme noir. L’histoire est relatée par l’écrivain afro-américain James Baldwin et, pour lui, la réponse est simple: Davis est noir car les lois américaines le considèrent comme tel, parce qu’il a choisi de l’être, de s’impliquer dans cette communauté et parce qu’il a l’expérience sociale d’être noir.

Descendants d’esclaves

Un autre exemple qui permet de comprendre l’ambiguïté de la question «qui est noir?» est un épisode de la série Seinfeld dans laquelle Elaine se demande si son petit ami est noir. Il a l’air vaguement métis, il pourrait avoir un parent noir, mais ce n’est pas sûr. Les discussions comiques de cette épisode sont quasiment incompréhensibles hors du contexte américain. En France, on dirait qu’il n’est pas noir tout simplement parce que sa peau est claire. Mais aux États-Unis, ce n’est pas si simple.

Historiquement, de nombreux noirs à la peau très claire ont vécu en se faisant passer pour blancs afin de ne pas subir la discrimination et la ségrégation. Mais renier ainsi son identité noire revenait en général à se couper de sa famile et de sa communauté. De nombreux noirs ont aussi fait l’inverse: alors qu’ils avaient l’air blancs, ils se revendiquaient comme noirs. C’est notamment le cas de Walter White, fils d’anciens esclaves et directeur de la NAACP de 1931 à 1955, qui écrivait dans son autobiographie:

Pour Jamelle Bouie dans Slate.com, le cas de Rachel Dolezal nous rappelle que, d’un côté,«noir» décrit une identité, «une culture et une histoire, liées aux vies et aux expériences des esclaves africains et de leurs descendants». Mais d’un autre côté, «noir» décrit aussi«l’échelon le plus bas de la hiérarchie raciale» et les noirs avec la peau plus foncée sont plus susceptibles de subir des discriminations que ceux qui ressemblent à des blancs. Or ce qui est gênant dans les affabulations de Dolezal (qui dit avoir été plusieurs fois victime de crimes racistes), c’est qu’elle prend les bons côté de l’expérience identitaire tout en faisant semblant de subir le rejet et le racisme.

Difficile pour une métisse de correspondre à des standards de beauté…

Une métisse américaine se rend compte que les professionnels ne savent pas comment la « photoshoper ».

Priscilla Yuki Wilson, une jeune métisse, a demandé à des professionnels de retoucher son portrait selon les canons de beauté en vigueur dans leur pays.

Cette jeune femme est le fruit de l’union d’une Asiatique et d’un homme d’origine africaine. Pendant sa jeunesse, elle a été tiraillée entre ses deux cultures : entre sa mère qui lui disait de mettre de la crème solaire pour ne pas bronzer et son père qui lui disait qu’elle ne serait jamais blanche.

Je vis dans une société qui ne s’est toujours pas adapté à mon type de visage. On me renvoie toujours le message selon lequel avoir la peau claire c’est mieux, et que les cheveux lisses sont plus attirants. Comme si on niait totalement que les filles comme moi existent.

S’inspirant de l’expérience d’Esther Honig, une journaliste américaine, elle a demandé à des personnes provenant de 25 pays de « la rendre belle » selon leurs critères de beauté.

En regardant les photos, elle se rend compte qu’une personne métisse ne correspond à aucun canon de beauté.

« En comparaison avec les photos d’Esther Honig, où son visage est devenu une toile permettant de projeter près d’une douzaine de standards de beauté différents, je me suis rendue compte que mon apparence représentait un défi même pour Photoshop. En tant que femme avec des origines mixtes, je ne corresponds tout simplement à aucun des standards de la beauté”, conclut-elle sur son blog.

Mais en réalité, la beauté n’est-elle pas subjective ? Faut-il vraiment appartenir à un canon spécifique pour être jolie ?

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Etre noir en France

Tu sais que tu es noir en France quand…

… on te demande si tu sais parler africain.

… les Blancs veulent te toucher les cheveux.

… tout le monde se retourne vers toi quand il y a une chanson de Magic System.

… on te demande de sourire pour pouvoir te voir dans le noir.

… le prof parle d’esclavage en cours et tout le monde se retourne vers toi.

Francis, 32 ans, pianiste classique, pianiste accompagnateur et compositeur : «J’ai souvent eu l’occasion de jouer en piano solo pour les Journées du patrimoine. Il m’est arrivé plusieurs fois que l’on me prenne pour le vigile et non pour le pianiste au vu de ma tenue de concert (costard). J’ai beau affirmer le contraire, le rire se mêle à l’incrédulité jusqu’à ce que je me mette à faire mon récital. J’ai même eu droit à « Ah, je ne savais pas que des Noirs pouvaient jouer de la musique classique, c’est plutôt curieux. Ceci dit, bravo Monsieur ». Limiter un style de musique à une couleur de peau est abject. Il est même arrivé pour une programmation qu’on accole à côté de mon nom « pianiste de jazz ». Je n’ai rien contre le jazz, au contraire. Mais ma sensibilité musicale reste tournée vers la musique classique.»